Choisir son télescope: les bases.

Choisir son télescope: tous les articles.
Choisir son télescope: 1. Les bases.
Choisir son télescope: 2. Critères de sélection.
Choisir son télescope: 3. Différents modèles.
Choisir son télescope: 4. Notion de prix.


Ca y est, c'est parti! Votre carte du ciel d'une main, et vos jumelles usées en bandoulière, vous avez décidé de vous payer votre télescope (à moins que ce ne soit pour le neveu). Dans tous les cas, on peut être un amoureux des étoiles, sans pour autant être expert en optique.

Ce premier article est le premier d'une série qui vise à vous aider à faire un choix de modèle en fonction de vos besoins et exigences, et vous donnez une idée des prix, sans pour autant entrer dans des considérations trop techniques.

Un long travail en perspective donc.

Un télescope pour voir quoi?

Posez vous tout d'abord quelques questions sur l'utilisation que vous souhaitez faire de votre instrument optique :
* voir des planètes?
* observer le soleil dans ses détails?
* scruter la lune?
* observer des galaxies, des nébuleuses ?
* seulement vous rapprocher des constellations?
* et puis quel budget?
* et qui l'utilisera?

Quelques considérations générales: qualité, grossissement, ouverture, trépied...

Un avertissement: évitez les jouets. Privilégiez des instruments de qualité aux performances plus modestes qu'un appareil à la fabrication douteuse vantant d'hypothétiques nombres...
Comment les reconnaître?
Si c'est le grossissement qui est mis en avant.. mauvais signe; s'il s'agit de l'ouverture et de la distance focale: c'est beaucoup mieux. Ayez en tête également que le grossissement maximum confortable correspond à 2 fois l'ouverture: ainsi, pour une ouverture de 60mm par exemple, ambitionnez un grossissement de x120, et fuyez les annonces à x240.

En effet, ce qui fait la qualité de l'image d'un instrument optique, c'est la capacité de celui-ci à capter la lumière, ce qui dépend directement du diamètre de l'ouverture, tel un seau face à un verre recueillant de l'eau de pluie. L'oculaire sert ensuite de loupe mais on comprendra bien qu'agrandir une image floue n'apporte pas grand chose: mieux vaut zoomer sur une image hd, qu'une vieille image pal d'un magnétoscope à bande.

La qualité de l'observation dépendra pour autant du trépied que de l'instrument. Le trépied doit être d'une très grande stabilité, car plus vous grossissez, et plus la moindre vibration rend l'image floue, voire la fait disparaître du champ de vision (plus on zoom et plus celui-ci étant restreint).
Nous reviendrons sur les différentes sortes de trépieds un peu plus tard.

Pour voir les constellations... les jumelles et lunettes terrestres.

Si vous souhaitez uniquement observer les constellations, les jumelles, les lunettes terrestres (privilégiez la qualité encore une fois), et les yeux nus restent certainement le plus pratique, d'autant que si vous vous lassez de l'astronomie, ces instruments pourront être recyclés pour observer des paysages, ainsi que la faune et la flore...
Pour ces raisons, la lunette terrestre, avec un petit livre d'initiation est certainement ce qu'il y a de mieux à recommander à quelqu'un qui cherche à faire découvrir l'astronomie à un enfant, d'autant qu'elle permet déjà aussi de distinguer nettement les reliefs de la lune.
Pensez à prendre un trépied; cela permet de rester fixer sur un point d'observation sans fatigue.
Pour le reste voyons voir entre lunette astronomique et télescope:

Au fait, ville ou campagne?

Habitez vous en ville ou isolé à la campagne? La question peut paraître incongrue; néanmoins, à moins que vous ne soyez un amateur motivé à s'organiser des sorties pour les observations, cela va influer sur le choix...

Pourquoi? La pollution lumineuse urbaine interdit rapidement l'observation des phénomènes stellaires et est plus défavorable au télescope de par sa conception à l'aide de miroirs. Par contre, la luminosité ambiante est moins défavorable à l'observation des planètes et de la lune, ce que fait très bien une lunette astronomique...

Ainsi, si vous en êtes en ville, et à moins que vous ne vous décidiez à faire des petits tours noctambules à la campagne, vous aurez tout intérêt à choisir une lunette astronomique pour observer la lune et distinguer les planètes, sans espérer voir des nébuleuses. Même si vous ressentez l'appel de la nature, ayez en tête également que le télescope est généralement un objet beaucoup plus encombrant que la lunette et donc plus malaisé à transporter.

Si vous avez le privilège de vivre à la campagne, ou si vous avez possibilité (et la motivation!) de vous y rendre, il vous reste à choisir en fonction de vos exigences d'observation et de votre budget.

Pour voir les planètes et les mers de la lune... la lunette astronomique.

Si vous souhaitez observer la Lune et les planètes (Saturne et Jupiter étant celles que vous distinguerez correctement), une lunette de 60 à 70 mm d'ouverture (la distance focale sera alors souvent de 700mm) suffit, et permet de le faire en ville.
On parle de lunette astronomique ou de télescope réfracteur, ou réfracteur.

Pour voir les galaxies et les nébuleuses... le télescope.

Si vous voulez voir des objets de faible luminosité (nébuleuse, galaxie, amas d'étoiles), vous devrez tout d'abord quitter la ville afin d'avoir un ciel plus noir et vous aurez besoin d'un instrument de grande ouverture.
Le choix se portera alors rapidement vers un télescope, non pas qu'il n'existe pas de lunette astronomique de grande ouverture, mais parce que leur coût est bien supérieur à celui d'un télescope équivalent (4 à 5 fois plus cher), et l'encombrement devient alors important.
On parle de télescope mais aussi de télescope réflecteur, ou réflecteur.

Le soleil... attention !

Je me contenterais ici de vous rappeler les consignes de sécurité élémentaires pour ce type d'observation, et de vous envoyer vers un professionnel. Il ne s'agit là plus d'astronomie pour amateur.
* Il ne faut jamais observer le Soleil avec un instrument astronomique quel qu'il soit, sans filtre, sinon vous pouvez devenir aveugle en moins d'une seconde.
* Il ne faut jamais utiliser un filtre pour oculaire seul (même un filtre H-alpha pour oculaire est destiné à l'imagerie stellaire, pas à l'observation solaire). Les seuls filtres pouvant être utilisés sans danger sont des filtres pleine ouverture, ou de faible diamètre en diaphragmant.
* Il faut toujours vérifier l'état du filtre avant utilisation.
Pour l'observation du Soleil, il faut toujours utiliser un filtre adapté à l'observation et non un filtre destiné à la photographie.
* Il faut également toujours enlever le chercheur, et lors d'une observation publique avec des gens inexpérimentés, faire très attention au comportement de ces personnes.
* Il faut aussi éviter de pointer le Soleil pendant plus de 10 minutes sans interruption, car même avec un filtre adapté, le tube optique et l'oculaire s'échauffent, ce qui peut casser une lentille. Il faut donc de temps en temps orienter le télescope vers une zone éloignée du Soleil.

Mais au final, qu'est-ce que je choisis comme télescope, et comme trépied?

Nous n'avons en effet pas répondu à cette question, et je vous renvoie pour cela à un article croisé rentrant dans des considérations un peu plus techniques sur les différents modèles existants...

Mais retenez ceci: cela dépend vraiment de ce que vous souhaitez observer; plus l'ouverture est grande, et plus le télescope pourra recueillir de la lumière et donc afficher des détails… Ensuite, cela reste aussi une question de moyens.
Il s'agit de trouver un compromis entre budget, taille et côté pratique: les plus grands vont toujours vous montrer plus, mais les plus petits sont plus simples à manipuler et moins onéreux.

Enfin, sachez qu'un télescope (encore plus qu'une lunette astronomique), c'est comme tout, il faut apprendre à s'en servir. Cela vous demandera des heures et des heures de pratique, mais elles seront nécessaire afin de profiter au mieux de votre appareil: le meilleur télescope est celui que vous utilisez le plus souvent.